Pourquoi les enfants atteints de TDAH ne tiennent pas en place (et ce qui les aide vraiment)

Si vous élevez un enfant atteint de TDAH, vous avez sans doute déjà entendu des remarques telles que : « Il suffit qu’il fasse un effort pour rester tranquille », « Il bouge sans arrêt » ou « Il n’arrive tout simplement pas à se concentrer ».
Mais voilà le problème…
La plupart des enfants atteints de TDAH ne bougent pas par choix : ils en ont besoin.
Et une fois que l'on comprend pourquoi, leur comportement prend tout son sens.
Alors, que se passe-t-il vraiment ?
Le TDAH ne se résume pas à un simple problème d'attention. Il s'agit de la manière dont le cerveau et le corps fonctionnent ensemble. Quand on l'envisage sous cet angle, beaucoup de choses qui semblent frustrantes commencent à paraître plus compréhensibles.
Un élément important concerne les schémas de mouvement précoces. Les bébés naissent avec des mouvements automatiques, appelés réflexes primitifs, qui sont censés s'estomper à mesure que le cerveau mûrit et que des mouvements plus contrôlés se développent. Mais chez certains enfants atteints de TDAH, ces schémas ne disparaissent pas complètement.
Dans ce cas, vous remarquerez peut-être qu'ils s'affalent sur leur chaise, qu'ils ne tiennent pas en place, qu'ils souffrent du mal des transports, qu'ils sont anxieux, qu'ils ont du mal à se tenir droit ou qu'ils ont des difficultés à écrire et à coordonner leurs mouvements. Rester assis sans bouger n'est pas chose facile pour eux : cela leur demande en réalité beaucoup d'efforts.
Un autre facteur important est l'équilibre et la coordination. La partie du cerveau responsable de l'équilibre et de la coordination (appelée le cervelet) joue également un rôle dans l'attention et la coordination temporelle. Ainsi, si le corps d'un enfant doit fournir un effort important simplement pour rester debout, il lui reste moins d'énergie pour se concentrer. Cela peut se traduire par une certaine maladresse, une réticence à pratiquer des activités physiques ou le besoin de bouger fréquemment pour rester stable.
La perception corporelle joue également un rôle, et elle est localisée dans une partie du cerveau appelée « cortex insulaire ». Certains enfants ne reçoivent pas de signaux clairs concernant la position de leur corps dans l'espace. Lorsque cette « carte » interne est floue, cela peut être source de malaise et de stress pour le cerveau. Ils bougent donc constamment pour envoyer au cerveau les signaux dont il a besoin pour savoir où se trouve le corps dans l’espace. Ce mouvement est inconscient, il apaise leur système nerveux et les aide à se concentrer. C’est pourquoi vous pouvez observer des comportements tels que se jeter par terre, sauter ou changer constamment de position. Le mouvement aide en fait leur cerveau à se sentir mieux organisé.
Et puis il y a un aspect souvent négligé, mais qui est pourtant le plus important : la stabilité du tronc. Rester assis immobile repose sur ce qu’on appelle la « stabilité anticipatoire du tronc », c’est-à-dire la capacité du corps à solliciter automatiquement les muscles du tronc lorsqu’il faut rester immobile et à préparer le corps avant un mouvement. Lorsque ce système fonctionne bien, s’asseoir droit semble facile et naturel. Dans le cas contraire, rester assis immobile peut sembler inconfortable et instable. Les enfants peuvent s'affaler, se pencher, croiser les jambes ou ne pas cesser de bouger, car c'est la seule façon pour leur corps de se sentir soutenu.
Ce qui semble être « ils ne tiennent pas en place » signifie souvent en réalité « leur corps ne se sent pas stable s’ils ne bougent pas ».
Comment l'ergothérapie et la kinésithérapie peuvent vous aider
C'est là qu'un accompagnement adapté peut faire toute la différence. L'ergothérapie et la kinésithérapie pédiatriques jouent chacune un rôle unique pour aider les enfants à se sentir plus à l'aise, plus autonomes et plus concentrés.
L'ergothérapie vise à aider les enfants à mieux fonctionner au quotidien. Elle consiste notamment à les aider à se sentir plus calmes et mieux ancrés dans leur corps, en particulier lorsqu'il s'agit de gérer les stimuli sensoriels tels que le bruit, les mouvements et le toucher. L'ergothérapie contribue également à améliorer la conscience corporelle, afin que les enfants puissent mieux comprendre où se trouve leur corps et comment le contrôler.
Certains thérapeutes s'attachent également à intégrer les réflexes persistants par le biais d'activités spécifiques axées sur le mouvement, aidant ainsi le cerveau à adopter des schémas moteurs plus matures. Concrètement, l'ergothérapie facilite les tâches quotidiennes telles que l'écriture manuscrite, s'habiller et s'asseoir à un bureau, et propose des stratégies pratiques pour la maison et l'école, comme des pauses actives ou des solutions d'assise flexibles.
La kinésithérapie, quant à elle, s'intéresse davantage à la façon dont le corps bouge et maintient son équilibre. Une grande partie de cette approche consiste à renforcer les muscles profonds du tronc afin que se tenir droit ne soit plus perçu comme un effort. Lorsque les enfants se sentent plus stables, ils n'ont souvent plus besoin de bouger autant simplement pour se sentir à l'aise.
Nos kinésithérapeutes pédiatriques s’attachent également à améliorer l’équilibre, ce qui réduit l’effort nécessaire pour se tenir debout et libère de l’énergie pour l’apprentissage et la concentration. La coordination est un autre domaine clé, qui englobe des aptitudes telles que le sens du rythme, la capacité à enchaîner des mouvements et l’utilisation simultanée des deux côtés du corps. Ces aptitudes physiques sont étroitement liées à la manière dont le cerveau organise l’attention. Surtout, toutes nos activités sont ludiques, amusantes et adaptées aux centres d’intérêt de votre enfant. Le jeu physique, c’est le travail de votre enfant.
Il existe des preuves solides indiquant que l'activité physique favorise le bon fonctionnement du cerveau. L'activité physique peut améliorer la mémoire de travail, l'attention et les fonctions exécutives. En d'autres termes, bouger ne nuit pas à l'apprentissage ;au contraire, cela aide le cerveau à mieux fonctionner.
Ce que cela signifie pour votre enfant
Si votre enfant n'arrive pas à rester tranquille, est toujours en mouvement ou a du mal à se concentrer, il est important de garder à l'esprit qu'il ne s'agit pas simplement d'un problème de comportement.
Il se peut que leur corps fasse des heures supplémentaires simplement pour se sentir organisé et stable.
Un changement de perspective utile
Au lieu de se demander « Pourquoi n'arrivent-ils pas à rester tranquilles ? », il peut être plus utile de se demander « De quoi leur corps a-t-il besoin pour qu'il leur soit plus facile de rester tranquilles ? »
Ce petit changement peut complètement transformer la façon dont vous percevez votre enfant — et la manière dont vous le soutenez.
En résumé
En favorisant la stabilité du tronc, l'équilibre, la conscience corporelle et le développement des réflexes, nous ne nous contentons pas d'améliorer les mouvements.
Nous aidons le cerveau à se sentir en sécurité, organisé et prêt à apprendre.
Un dernier mot à l'attention des parents
Si vous vous sentez frustré ou dans le doute, vous n'êtes pas seul.
Et surtout, votre enfant n'a rien de grave. Son corps a simplement besoin d'un soutien adapté pour fonctionner plus efficacement.
Avec une approche adaptée, de nombreux enfants atteints de TDAH peuvent s'asseoir plus confortablement, se concentrer plus facilement et se sentir plus à l'aise dans leur corps.
Votre enfant a-t-il du mal à rester assis ou à se concentrer à l'école ? Vous n'avez pas à faire face seul à ces difficultés. Prenez rendez-vous dès aujourd'hui pour une évaluation complète avec notre équipe d'ergothérapeutes et de kinésithérapeutes pédiatriques afin d'élaborer un programme d'activité physique adapté aux besoins spécifiques de votre enfant.






